Kinshasa : pourquoi les députés provinciaux sont-ils épargnés par les retards de rémunération ?L’intersyndicale exige des comptes et annonce un sit-in, ce jeudi devant l’hôtel de Ville
Par Andy Mbengay
L’intersyndicale urbaine de la ville de Kinshasa annonce l’organisation d’un sit-in devant le bâtiment de l’Hôtel de ville, ce jeudi 15 octobre 2026. À travers cette mobilisation, les agents et cadres de l’administration urbaine entendent dénoncer ce qu’ils qualifient de défaillance du contrôle parlementaire exercé par les députés provinciaux, face à l’accumulation des arriérés de salaires au sein des services provinciaux.
Dans un communiqué dont une copie est parvenue à la rédaction d’ActuCongo.com, l’intersyndicale reproche aux élus provinciaux de ne pas exercer pleinement leurs prérogatives constitutionnelles, notamment en matière de contrôle de l’action de l’exécutif provincial.
Selon David Delor Luyeye, président de l’intersyndicale urbaine de la ville de Kinshasa, cette action vise à exhorter les députés provinciaux à assumer pleinement leurs responsabilités afin de contribuer à une gouvernance saine, équitable et transparente.
Jusqu’à 20 mois d’arriérés de salaires
Au cœur des revendications syndicales figure la disparité dans le paiement des rémunérations entre les différentes composantes de l’administration provinciale.
L’intersyndicale relève notamment que les députés provinciaux continueraient de percevoir leurs rémunérations sans arriérés, contrairement à plusieurs catégories d’agents et de cadres de la ville.
« Le banc syndical rappelle à votre attention que, parmi toutes les composantes payées par la trésorerie de l’Hôtel de ville, seule l’Assemblée provinciale, c’est-à-dire les députés provinciaux, n’accuse ni arriérés ni retards de rémunération », indique le communiqué.
L’intersyndicale s’interroge ainsi sur cette situation, alors que les services administratifs, les régies financières chargées de mobiliser les recettes provinciales et les cabinets politiques accumulent d’importants retards de paiement.
D’après les chiffres avancés par le banc syndical, les régies financières totalisent 20 mois d’arriérés de salaires, les divisions urbaines déconcentrées en comptent 13 mois, tandis que les cabinets politiques des ministères provinciaux et celui du gouverneur de la ville accusent 15 mois d’impayés.
Les députés provinciaux appelés à exercer leur contrôle
Face à cette situation, les agents et cadres concernés estiment être abandonnés à leur sort, alors que l’Assemblée provinciale, en sa qualité d’organe délibérant et de contrôle, serait directement informée des difficultés qu’ils traversent.
« Les agents et cadres mobilisateurs des recettes se sentent abandonnés à leur triste sort, alors que l’organe délibérant, témoin direct de cette injustice sociale, demeure dans l’inaction », déplore le communiqué.
À travers le sit-in annoncé, l’intersyndicale entend donc remettre la question des arriérés de salaires au centre des préoccupations des élus provinciaux et les pousser à intervenir auprès des autorités compétentes.
Le banc syndical affirme, en définitive, faire de la restauration de la justice distributive et du paiement imminent des salaires impayés ses principales exigences.
La mobilisation de ce jeudi 15 octobre devrait ainsi constituer un moyen de pression supplémentaire sur les institutions provinciales, dans l’attente de mesures concrètes en faveur des agents et cadres concernés.
