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Par Andy Mbengay

Le Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB) est au centre d’une controverse impliquant le ministre d’État en charge de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, et la députée nationale Hermione Bolumbe Bakando. Alors que des accusations sont formulées autour de la gestion de ce programme, la chronologie de la nomination de l’ancien membre du gouvernement et les résultats attribués au projet alimentent le débat sur l’établissement des responsabilités.

Lancé en 2016, le PEJAB avait pour objectif de soutenir l’entrepreneuriat des jeunes dans les secteurs agricole et agro-industriel. Son mécanisme de financement reposait, selon les éléments présentés dans ce dossier, sur un circuit impliquant la Banque africaine de développement (BAD), la Banque centrale du Congo (BCC), une banque commerciale ainsi que des institutions de microfinance chargées d’accompagner les jeunes bénéficiaires.

Le dispositif prévoyait une évaluation des projets soumis afin de sélectionner ceux considérés comme bancables et présentant des perspectives de viabilité.

Une chronologie au cœur du débat

Un élément est particulièrement mis en avant par les défenseurs de Muhindo Nzangi : sa nomination en août 2025, soit environ quatre mois avant la clôture du PEJAB, annoncée pour décembre de la même année.

Selon les arguments avancés par ses soutiens, l’ancien ministre aurait trouvé environ 17 millions de dollars sur le compte bancaire concerné et aurait entrepris d’accélérer l’exécution des activités durant son passage au ministère.

Ses défenseurs évoquent également un taux de réussite de 90 %, qu’ils attribuent au bilan final du projet clôturé en décembre 2025.

Toutefois, ces données doivent être confrontées au rapport final officiel du PEJAB afin de déterminer précisément le montant disponible, les résultats effectivement obtenus et la période couverte par le taux de réussite annoncé.

Si la durée du mandat de Muhindo Nzangi constitue un élément important dans l’analyse, elle ne suffit pas, à elle seule, à établir ou à exclure sa responsabilité. Celle-ci doit être appréciée au regard des décisions prises, des fonctions exercées et des faits documentés.

Les accusations d’Hermione Bolumbe alimentent la controverse

Les critiques formulées par la députée nationale Hermione Bolumbe Bakando à l’encontre de Muhindo Nzangi ont ravivé les interrogations sur la gestion du PEJAB et sur les responsabilités des différents intervenants.

La référence au fait de devoir le « sacrifier », telle qu’elle est rapportée dans les propos qui lui sont attribués, soulève une question fondamentale : la démarche vise-t-elle à établir les responsabilités sur la base de preuves ou risque-t-elle de désigner prématurément un responsable dans un contexte de confrontation politique ?

Pour les défenseurs de l’ancien ministre, une telle approche pourrait donner l’impression qu’un responsable est désigné comme bouc émissaire avant que les faits aient été clairement établis.

Néanmoins, les déclarations politiques doivent être examinées avec prudence et replacées dans leur contexte. Les accusations formulées dans ce dossier ne sauraient, à elles seules, tenir lieu de conclusions judiciaires ou d’audit.

La nécessité d’établir les responsabilités sur la base des preuves

Au-delà de la polémique, la gestion du PEJAB appelle un examen rigoureux des documents financiers, des rapports d’exécution, des éventuels audits et des conclusions des enquêtes menées par les autorités compétentes.

Une telle démarche permettrait de retracer le circuit des financements, d’évaluer les résultats du programme et de déterminer les responsabilités respectives des institutions et des personnes intervenues à ses différentes étapes.

La chronologie des nominations, les décisions prises avant et après l’arrivée de Muhindo Nzangi au ministère, ainsi que les conclusions du rapport final constituent autant d’éléments nécessaires pour apprécier objectivement ce dossier.

En définitive, la transparence et le respect de la présomption d’innocence doivent guider l’examen de cette affaire. Il ne s’agit ni de soustraire un responsable à l’examen de sa gestion ni de désigner un coupable avant l’établissement des faits, mais de déterminer, sur la base de preuves vérifiables, ce qui s’est réellement passé et quelles responsabilités peuvent être légalement retenues.

Le rapport final du PEJAB, notamment concernant les 17 millions de dollars évoqués et le taux de réussite annoncé de 90 %, demeure ainsi un document essentiel pour éclairer le débat et permettre à l’opinion publique de se forger une appréciation fondée sur des éléments vérifiables.

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