RDC : Denis Mukwege demande des garanties avant tout dialogue national
Par Ngoy kazadi Héritier
Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege émet des réserves sur les conditions du dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. Dans une note stratégique publiée le 1er septembre 2026, le gynécologue congolais estime que les précédentes initiatives diplomatiques n’ont pas permis de mettre durablement fin aux violences dans l’est de la République démocratique du Congo.
Denis Mukwege estime notamment que l’initiative du dialogue devrait être portée par un acteur neutre et précédée de mesures de décrispation politique. Selon lui, un véritable dialogue national devrait également intervenir après le rétablissement de la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire congolais.
Le Prix Nobel appelle par ailleurs les autorités à reporter le débat sur la révision de la Constitution. Il invoque le contexte sécuritaire et sanitaire que traverse le pays et se réfère aux articles 219 et 220 de la Constitution, qui encadrent la procédure de révision constitutionnelle et certaines dispositions protégées.
*Une initiative internationale pour les Grands Lacs*
Au-delà du cadre national, Denis Mukwege propose l’organisation d’une grande conférence internationale consacrée à la paix dans la région des Grands Lacs. Celle-ci serait, selon sa proposition, conduite par un État neutre et non limitrophe des pays concernés.
Cette rencontre réunirait notamment les États signataires des accords de paix, l’Union africaine, les Nations unies, la société civile et le secteur privé. L’objectif serait de relancer la mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, présenté depuis plusieurs années comme l’un des instruments régionaux destinés à s’attaquer aux causes profondes des conflits dans l’est de la RDC.
La position de Denis Mukwege intervient alors que Kinshasa cherche à réunir les différentes composantes de la classe politique et de la société congolaise autour d’un processus de dialogue. Le débat porte notamment sur les modalités de participation, les garanties d’inclusivité et les conditions politiques et sécuritaires dans lesquelles ce processus doit se dérouler.
