Kinshasa : 13 à 20 mois d’arriérés de salaires, les agents publics passent à la grève illimitée !
Par Andy Mbengay
L’Intersyndicale urbaine de l’Administration publique de la ville de Kinshasa annonce le déclenchement d’une grève générale et sectorielle à partir de ce mercredi 21 octobre 2026. Cette décision intervient dans un contexte marqué par des arriérés de salaires et des revendications portant notamment sur la mécanisation des agents non payés et l’amélioration des conditions salariales. Selon son président, David Delor Luyeye, le mouvement sera « sec et illimité ».


L’Intersyndicale appelle ainsi les agents et cadres concernés à cesser leurs activités et à fermer les bureaux jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.
Dans sa déclaration, l’organisation syndicale déplore le silence des autorités provinciales face au cahier des charges déposé le 9 octobre 2026. Elle affirme également que le préavis de grève de 72 heures adressé aux autorités compétentes, notamment au gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, ainsi qu’aux ministres provinciaux en charge de la Fonction publique, du Budget et des Finances, est arrivé à expiration sans qu’une solution négociée et satisfaisante ait été trouvée.


« Constatant avec un profond regret le mutisme et le manque d’investissements concrets du gouvernement provincial de Kinshasa face à notre cahier des charges […] sans qu’aucune solution négociée et satisfaisante n’ait été trouvée, l’Intersyndicale […] informe que le recours à la grève constitue désormais le seul moyen de pression légitime pour obtenir la restauration de la dignité sociale des agents », a déclaré David Delor Luyeye.
Des arriérés de salaires au cœur des revendications
Parmi les principales revendications figurent le paiement d’une partie des arriérés de salaires accumulés depuis 2025. D’après les chiffres communiqués par l’Intersyndicale, les cadres et agents de différentes divisions déconcentrées accusent jusqu’à 13 mois d’arriérés, tandis que les personnels des régies, des cabinets publics et des services rattachés ou assimilés totalisent jusqu’à 20 mois d’impayés.
L’organisation réclame notamment le paiement de cinq mois d’arriérés aux agents des divisions déconcentrées, sur les 13 mois revendiqués, ainsi que le règlement de trois mois d’arriérés aux personnels des régies, des cabinets publics et des services assimilés, sur un total de 20 mois.
La mécanisation des agents non rémunérés et l’amélioration des conditions salariales complètent également les principales revendications syndicales.
Les bureaux annoncés fermés dès mercredi
En maintenant son mot d’ordre de grève sèche et illimitée, l’Intersyndicale urbaine appelle les agents et cadres de l’administration publique provinciale à observer l’arrêt de travail à compter du mercredi 21 octobre 2026.
En l’absence d’un compromis avec les autorités provinciales, les bureaux des services concernés devraient rester fermés, avec des conséquences possibles sur le fonctionnement de plusieurs services administratifs de la capitale.Reste à savoir si les autorités provinciales engageront de nouvelles discussions avec les représentants syndicaux afin de désamorcer la crise et de parvenir à une issue négociée.
