RDC : le JRNF fait son entrée officielle et alerte sur les défis de la gouvernance minière
Le réseau a également présenté son premier rapport de monitoring sur les recettes fiscales minières de 2024 et lancé son magazine « Ressources + ».
Par Andy Mbengay
Le paysage médiatique congolais s’enrichit d’un nouveau réseau spécialisé dans les questions liées aux ressources naturelles et à la fiscalité.
Le Réseau des journalistes pour les ressources naturelles et la fiscalité (JRNF) a procédé à sa sortie officielle, mercredi 26 août 2026, dans l’enceinte de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), à Kinshasa.
Cette cérémonie a été marquée par trois temps forts : la présentation officielle du JRNF, le lancement de son magazine spécialisé, Ressources +, ainsi que la publication de son premier rapport de monitoring consacré à la mobilisation des recettes fiscales du secteur minier au cours de l’exercice 2024.
Un réseau au service de la gouvernance des ressources naturelles
Créé le 9 mai 2025, le JRNF ambitionne de contribuer à l’amélioration de l’information publique sur la gestion des ressources naturelles en République démocratique du Congo.
S’exprimant au micro d’ActuCongo.com , le président du réseau, Gustave Tshibumbu Muji, a souligné la portée nationale et internationale de cette initiative.
« L’objectif est de montrer à la face du monde qu’il existe un réseau d’hommes et de femmes des médias spécialisés dans la gouvernance des ressources naturelles, non seulement en RDC, mais aussi en Afrique et dans le monde », a-t-il déclaré.
Selon lui, les membres du JRNF entendent mettre leur expertise au service du traitement des questions liées aux contrats miniers et à l’ensemble de la chaîne de valeur des secteurs minier et forestier. Ces thématiques seront abordées à travers le magazine Ressources +.
« Ressources + », un magazine dédié à la transparence
Présenté au cours de la cérémonie, Ressources + se veut un outil d’information et de sensibilisation sur les enjeux liés à la gestion des ressources naturelles.

Olivier Masini, chargé de communication et des relations publiques du JRNF, a précisé que le premier numéro accorde une place importante aux enjeux du secteur minier et aux minerais stratégiques.
« Si le premier numéro fait la part belle aux enjeux du secteur minier et des minerais stratégiques, les ambitions du média couvrent un large spectre », a-t-il expliqué.
Le magazine abordera également des questions liées aux forêts, aux ressources en eau, aux hydrocarbures, aux terres rares, au climat, à l’environnement et à la fiscalité connexe.
Afrewatch RDC salue l’initiative
La sortie officielle du JRNF a reçu le soutien de plusieurs acteurs de la société civile, dont l’organisation Afrewatch RDC.
Représentant cette structure à la cérémonie, Me Jean Keba Kangodie a salué l’engagement des journalistes à promouvoir une meilleure gouvernance des ressources naturelles.
« C’est un réel motif de satisfaction pour Afrewatch. Je tiens à saluer chaleureusement le leadership du réseau ainsi que l’ensemble des journalistes membres qui ont contribué à la concrétisation de ce travail », a-t-il déclaré.
Il a également réaffirmé la disponibilité de son organisation à accompagner cette initiative.
Le JRNF pointe les difficultés d’accès à l’information
Autre moment important de la cérémonie : la présentation du rapport de monitoring consacré à la mobilisation des recettes fiscales du secteur minier pour l’exercice 2024.
Ce document a été présenté par le vice-président du JRNF, Orly-Darel Ngiambukulu, qui a indiqué que l’étude avait été réalisée sous l’encadrement technique d’Afrewatch RDC.
Selon lui, le rapport s’appuie sur une approche documentaire et une méthodologie de recherche de terrain.
L’une des principales difficultés relevées concerne l’accès aux données relatives à la gestion des ressources naturelles et à la mobilisation des recettes publiques.
Le rapport fait état de difficultés rencontrées auprès de plusieurs institutions sollicitées pour obtenir des informations actualisées et répondre aux questions de l’étude, notamment le Cadastre minier, le FONAREV, la DGRAD et l’ITIE.
Fraude et évasion fiscales : des défis persistants
Dans son analyse, le JRNF relève également des difficultés liées à la mobilisation des recettes du secteur minier, malgré l’importance du potentiel minier de la RDC.
Le réseau met notamment en avant les risques liés à la fraude et à l’évasion fiscale, ainsi que les problèmes de gestion et d’allocation des ressources publiques.
Il dénonce, par ailleurs, l’application insuffisante des cahiers des charges des entreprises minières au bénéfice des communautés locales, dont certaines continuent de vivre dans des conditions précaires.
Les recommandations du JRNF
Face à ces difficultés, le JRNF formule plusieurs recommandations à l’endroit des institutions publiques et des autres acteurs concernés.
À l’intention du Parlement, le réseau préconise l’accélération de l’examen et de l’adoption de la loi relative à l’accès à l’information en RDC.
Cette législation est présentée comme un outil essentiel pour renforcer la transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Le JRNF appelle également le Gouvernement et les autorités de tutelle à veiller à la publication régulière, notamment mensuelle, des données relatives à l’exploitation minière ainsi qu’au paiement des taxes et redevances.
La justice appelée à lutter contre les infractions fiscales
Le réseau invite, par ailleurs, les cours et tribunaux à enquêter sur les infractions présumées liées à la fiscalité minière et à engager les poursuites appropriées, conformément à la loi.
Les médias et les organisations non gouvernementales sont également encouragés à renforcer leur veille citoyenne et à poursuivre leurs actions de plaidoyer en faveur de la publication des rapports de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).
À travers le lancement de Ressources + et la publication de son premier rapport de monitoring, le JRNF entend contribuer au débat public sur la gestion des ressources naturelles et encourager une gouvernance plus transparente et responsable du secteur extractif en RDC.
